Par Kharoll-Ann Souffrant
Intervenante, blogueuse et chroniqueuse radio

Le 27 mars dernier, Amnistie internationale révélait les statistiques officielles en ce qui a trait à la peine de mort dans le monde pour l'année 2013.

Les chiffres, éloquents et troublants, sont un signe important témoignant du fait qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire pour parvenir à une abolition complète de la peine capitale en toutes circonstances.

Car oui, nous sommes pour l'abolition de la peine de mort pour n'importe qui et pour n'importe quel type de crime. De nombreux préjugés et fausses conceptions existent concernant la peine capitale, et ce, pour diverses raisons, notamment le fait que ces crimes odieux viennent chercher quelque chose de profondément émotionnel chez les gens qui voient son recours comme la solution pour punir les criminels. Au-delà des chiffres, au-delà des abus et des dérapages et des explications rationnelles, certains se disent que si l'on peut punir des individus qui à leurs yeux ne méritent pas de vivre, et bien le monde ne s'en portera que mieux et sera plus sûr pour nos familles et nos enfants.

Et pourtant, aucune étude ne prouve que la peine de mort ait un quelconque effet dissuasif. Abolie au Canada en 1976, le taux d'homicide n'a fait que baisser depuis et dans les faits, le pourcentage de condamnés à vie en libération conditionnelle qui commettent à nouveau un crime violent est inférieur à 0,1%. Dans plusieurs pays où l'on a recours à celle-ci, et bien le taux de criminalité a même augmenté ce qui prouve qu'il n'existe aucune corrélation directe entre son application et le phénomène de la délinquance.

Plusieurs diront que nous gaspillons nos fonds publics à nourrir et à protéger des bandits qui vivent dans le luxe de nos prisons et que de les mettre à mort nous coûterait beaucoup moins cher. En réalité, aux États-Unis la peine de mort représente un coût de 2 à 3 fois plus élevé que les sentences d'emprisonnement à vie, principalement en raison de toutes les démarches juridiques et administratives qui existent entre le prononcé de la peine et son exécution. Ce délai pouvant aller jusqu'à plusieurs décennies, est néanmoins nécessaire comme le démontrent les 10 années d'incarcération dans le couloir de la mort en moyenne des 144 condamnés ayant été par la suite innocentés.

Malgré tout, beaucoup de gens disent que le jour où les abolitionnistes vivront le meurtre d'une personne qui leur est chère ou celui de leur propre enfant, leur opinion sur la peine de mort changera du tout au tout et deviendra favorable à celle-ci. C'est possible. Or, il existe des familles qui ont vécu un tel drame qui sont malgré tout pour son abolition et qui militent même pour sa disparition. Quand on met à mort un individu, c'est une deuxième famille qui vit aussi un drame tout aussi horrible qui est victimisée.

Et lorsqu'on parle de victimes, il faut aussi parler des erreurs judiciaires. À l'automne 2010, nous avons eu la chance de rencontrer Juan Meléndez, un homme ayant passé près de 18 ans dans le couloir de la mort en Floride pour un crime qu'il n'avait pas commis. À sa sortie de prison, on ne lui a donné que $100, une paire de jeans et un t-shirt comme compensation. On peut aussi penser à Troy Davis, cet homme noir ayant été exécuté en 2011 pour le meurtre d'un policier blanc dans l'État de la Géorgie et pour qui la preuve ne reposait que sur 9 témoins oculaires dont 7 se sont rétractés par la suite. Pas d'arme du crime, pas d'ADN, rien, niet, nada. Que des témoins oculaires hésitants, mais il a quand même été mis à mort.

Étant pour ou contre la peine de mort, nous croyons que nous pouvons tous nous entendre sur ce point et qu'aucun innocent ne devrait être exécuté, mais pourtant, cela arrive, beaucoup plus fréquemment qu'on ne le croit. Et ces innocents sont d'abord ceux qui n'avaient pas les moyens de se payer un avocat, comme 95% des condamnés à mort, souvent issus des minorités visibles; allez savoir pourquoi. Le système judiciaire étant géré et créé par les humains, a lui aussi droit à ses failles et ses magouilles. Comme toute entité crée par l'Homme, elle est imparfaite.

Par ailleurs, abordons la question d'un œil plus philosophique ou moral. De qui de droit sommes-nous pour juger de vie ou de mort sur un autre être humain? Ne sommes-nous pas censés montrer l'exemple? Tuer pour montrer que tuer est mal nous semble profondément contradictoire. Est-ce les valeurs de la société dans laquelle nous voulons vivre? Une société basée sur la vengeance, la colère et le ressentiment, tous des sentiments qui détruisent une personne de l'intérieur quand ils sont ressentis à long terme? Rappelons Isabelle Gaston en entrevue qui disait qu'elle vivait le deuil de ses enfants assassinés aux mains de Guy Turcotte de la même manière qu'elle aurait aimé que ses enfants vivent un tel drame si eux avaient aussi perdu leurs enfants de la sorte. Elle s'était d'ailleurs prononcée publiquement contre la peine de mort à l'émission Tout le monde en parle en février 2012. Nous convenons qu'il faut une force de caractère hors du commun et une sagesse très grande pour vivre un tel drame de cette façon. Sans vouloir juger les différents parcours lorsque des gens vivent de tels drames, nous pensons ainsi que Madame Gaston est un modèle de résilience à suivre.

Ne pouvons-nous pas dire que la peine de mort est un meurtre légal? Cette évidence nous semble flagrante à nos yeux. Et c'est pour cette raison que nous devons continuer de militer pour un système de justice qui cherche les causes profondes et complexes de la criminalité plutôt que de les réduire au simple fait de tuer ceux qui ne se conforment pas au "contrat social".

Avec la collaboration de Charles Perroud, Coordonnateur pour l'abolition de la peine de mort d'Amnistie internationale Canada francophone
 
 
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Emprisonné au Texas en attendant son exécution programmée le 19 mars, Ray Jasper a écrit une lettre au site d’informations américain Gawker.

Source : Les inRocKs

Ray Jasper a été condamné à la peine de mort pour avoir participé, en 1998, au cambriolage d’un studio d’enregistrement au cours duquel le propriétaire David Alejandro a été tué. Alors que son exécution est prévue pour le 19 mars, Ray Jasper a décidé d’écrire une lettre au site d’informations américain Gawker. Il y explique pourquoi le système judiciaire américain ne fonctionne plus, pourquoi la peine de mort doit être abolie, et revient longuement sur la notion d’”empathie”. On vous en a traduit les passages les plus intéressants.

“L’État du Texas a décidé de me tuer le mois prochain, comme si j’étais une sorte de chien enragé. Mon objectif est d’utiliser cette condamnation comme une plateforme, car ceci pourrait être ma dernière déclaration sur terre.

Je pense que le mot “empathie” est l’un des plus puissants sur terre parmi ceux qui possèdent une signification dans toutes les cultures. C’est ce que je veux souligner. Je ne possède pas de dictionnaire donc je ne peux pas vous donner la définition de l’Oxford ou du Webster, mais pour moi, l’empathie consiste à se mettre à la place de l’autre. (…)

L’empathie nourrit le bon jugement. La compassion engendre la tristesse. Le mépris, l’arrogance. Aucun des deux ne débouchent sur de bons jugements car ils sont basés sur des émotions. C’est pourquoi deux personnes peuvent considérer une même situation et avoir deux points de vue totalement différents. Nous ne ressentons pas la même chose au sujet de plein de choses. L’empathie vous donne un regard interne. L’empathie ne vous fait pas dire “si c’était moi”, mais “c’est moi”.

L’empathie nous force à être honnête avec nous-même. L’honnêteté n’a pas d’objectif caché. Thoreau [écrivain américain du XIXe siècle]envisageait que “l’homme honnête” puisse régénérer moralement toute une société. (…)

Le système judiciaire ne fonctionne vraiment plus et ne peut plus être réparé et le plus triste c’est qu’il n’y a aucun moyen de repartir de zéro. Des améliorations peuvent être apportées. Si les gens honnêtes se relèvent, je pense qu’elles [les améliorations] pourront être apportées avec le temps. J’ai conscience que l’Américain moyen ne prête pas attention à toutes les lois qui sont passées en permanence par la législation fédérale et les législations des Etats. Les gens se concentrent sur leur boulot, l’éducation de leurs enfants, la recherche de divertissement sur leur temps libre. Le truc, c’est que des lois sont en train d’être changées.

Un jour, un homme a dit que la révolution survient lorsque les gens sont informés de leurs droits. Martin Luther King a expliqué que la révolution résulte d’une combinaison de l’action sociale et de l’action juridique. Je ne présente aucun point de vue radicalement révolutionnaire, le terme révolution signifie seulement le changement. L’Amérique change au rythme de la modification de ses lois.

Selon le 13e amendement de la Constitution des Etats-Unis [qui a aboli et interdit l'esclavage aux Etats-Unis], tous les prisonniers américains sont considérés comme des esclaves. On regarde l’esclavage comme quelque chose appartenant au passé mais vous pouvez aller dans n’importe quel pénitencier de cette nation et vous y verrez de l’esclavage. C’était l’objet des protestations des prisonniers en Géorgie en 2010. Ils disaient qu’ils en avaient marre d’être traités comme des esclaves. Les gens devraient savoir que lorsqu’ils sont jurés et qu’ils condamnent quelqu’un à une peine de prison, ils le condamnent à l’esclavage. (…)

Je pense que les peines de prison sont devenues incontrôlables. Les gens sont condamnés à de lourdes peines pour des crimes non violents. Je connais un mec de 24 ans qui a été condamné à 160 ans de prison pour deux vols au cours desquels moins de 500 dollars ont été volés et aucune forme de violence exercée. Il y a des types qui traînent avec 200 ans de prison et qui n’ont même pas 30 ans. C’est scandaleux. Donner à quelqu’un qui n’a jamais été condamné auparavant une sentence plus longue que la durée de sa vie est de la pure oppression. Plein de jeunes ont été gaspillés dans cette génération.

Le revers de la médaille, c’est qu’il y a tout un monde entrepreneurial qui se fait de l’argent sur le dos des prisonniers. Plus les prisonniers restent en prison, plus d’argent ils se font. On ne parle pas de crime et de châtiment mais de crime et de profit. Les prisons représentent une industrie d’un milliard de dollars. En 1996, il y avait 122 prisons aux Etats-Unis. Des entreprises montaient des expositions dans de petites villes pour démontrer que l’ouverture de nouvelles prisons pouvait booster l’économie en créant de nouveaux emplois.

Comment ceux qui investissent dans les prisons peuvent se faire de l’argent si les prisonniers sont condamnés à des peines qui leur permettent à un moment de retourner dans la société libre ? Si les gens étaient réhabilités et renvoyés dans les villes, qui travaillerait pour ces entreprises ? ça serait un mauvais investissement. Afin de leur permettre de se faire de l’argent, les condamnés doivent rester en prison à travailler. La stratégie politique consiste donc à dire que la justice sera implacable et à donner aux accusés de longues peines de prison. (…)

Je suis contre la peine de mort. C’est une pratique typique d’une ancienne mentalité de lynchage propre au Sud. Quasiment toutes les exécutions ont lieu dans le Sud avec quelques exceptions ici et là. Le Texas est le premier en la matière. Je ne viens pas du Texas. J’ai été élevé en Californie. Etre originaire de la Côte Ouest et se retrouver dans le Sud, c’est comme faire un voyage dans le passé. Je ne pensais même pas que les vrais cow-boys existaient. Le Texas est un Etat très “rural”, mis à part quelques grandes villes. Il existe toujours de petites villes où les Noirs ne seraient pas les bienvenus. La Californie est davantage basée sur le melting pot. J’ai grandi dans la Baie [de San Francisco – ndlr] qui est très diversifiée.

La peine de mort doit être abolie. La vie sans liberté conditionnelle, c’est toujours la peine de mort. La seule différence, c’est le temps. Dire que vous avez besoin de tuer une personne dans un court laps de temps revient à chercher à se venger de cette personne. (…)

La peine capitale s’applique lorsque vous avez pris la vie de quelqu’un et commis un autre crime en même temps. C’est la loi du Texas. (…) Le problème c’est que vous n’êtes pas condamné à la peine de mort pour meurtre, vous y êtes condamné pour votre autre crime, ça n’a aucun sens. Vous tuez un homme, vous ne serez pas exécuté… si vous tuez un homme et prenez l’argent dans son portefeuille, là vous serez condamné à la peine capitale.

Je suis dans le couloir de la mort et pourtant je n’ai pas commis de meurtre. J’ai été condamné selon la “loi des parties” ["Law of Parties" : cette loi propre au Texas dispose qu'une personne peut être tenue pour responsable des actions d'un tiers si elle a aidé, encouragé ou conspiré avec ce tiers – ndlr]. Quand les gens lisent le cas, ils partent du principe que j’ai tué la victime, mais les faits sont indiscutables, je n’ai pas tué la victime. Celui qui l’a tuée a plaidé coupable afin d’obtenir la prison à vie. Il l’a admis et n’a jamais nié depuis. Mais, selon la loi du Texas, peu importe si j’ai tué ou non la victime, je suis criminellement responsable pour la conduite d’un tiers. Mais j’ai été le seul à avoir été condamné à la peine de mort.

La loi des parties est une loi très controversée au Texas. La plupart des démocrates ont pris position contre. Elle permet à l’Etat d’exécuter quelqu’un qui n’a pas commis de meurtre . Il y a environ 50 mecs dans le couloir de la mort au Texas qui n’ont tué personne mais qui ont été condamnés en tant que “partie”.

Quand j’ai débarqué en prison à l’âge de 19 ans, je me suis dit : “Putain, je n’ai jamais vu autant de mecs noirs de toute ma vie”. J’avais l’impression d’être en Afrique. Je ne pouvais en croire mes yeux. Les paroles de 2Pac me sont revenues : “Le pénitencier est plein/Et il est rempli de Noirs.” (…)

Même si vous êtes coupable de meurtre au Texas, ça ne veut pas dire que vous receviez la peine de mort. Les gens y sont condamnés lorsqu’un jury estime qu’ils représentent une ‘menace continuelle pour la société’. Ils sont jugés si mauvais qu’ils n’ont aucun espoir de rédemption ou de changement dans leur comportement. C’est la seule raison pour laquelle une personne est condamnée à la peine de mort. Elle est supposée être le pire du pire, si mauvaise qu’elle ne peut vivre en prison aux côtés des autres prisonniers.

Encore une fois (…), ceci est vu uniquement de mon point de vue. Un médecin ne peut pas regarder quelqu’un et détecter son cancer, il doit regarder sous la surface. (…) Un bon diagnostic constitue la moitié du remède.

Je suis père. Ma fille avait six semaines lorsque j’ai été emprisonné. Elle a aujourd’hui quinze ans et est au lycée. Malgré les circonstances, j’ai essayé d’être le meilleur père du monde. Je sais que son parcours est déterminé par ce que je lui apprends. Cela vaut pour tous les jeunes. Leur trajectoire est dessinée par ce que nous leur apprenons. Pour citer Aristote, “Toute amélioration dans la société commence par l’éducation des jeunes”.

Sincèrement,

Ray L. Jasper

Ps : pardon d’avoir été si prolixe, mais je parlais avec mon cœur. Merci de m’avoir donné cette occasion”

 
 
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Bonjour à tous et à toutes !

États-Unis (Floride). Préoccupations d'ordre juridique alors que la Floride fixe une nouvelle date d’exécution pour Paul Howell.

Deux recours sont en instance devant la Cour suprême des États- Unis, l’un concernant le délai dépassé et l’autre sur le fait que « pas un seul tribunal, d’État ou fédéral, n’a examiné les arguments convaincants de M. Howell relatifs à l’inefficacité de ses avocats, qui n’ont pas enquêté ni présenté de circonstances atténuantes susceptibles de convaincre le jury d’épargner sa vie ». Parmi ces éléments figurent de graves maltraitances subies pendant l'enfance, notamment en Jamaïque, où il est né (il en est parti à l’âge de 12 ans et est aujourd’hui un citoyen américain), ainsi que des symptômes de troubles mentaux apparus lorsque Paul Howell a servi dans l'armée américaine de 18 à 25 ans, et des signes d’une possible schizophrénie après son renvoi à la vie civile vers 1990.

Agissez !


BONNES NOUVELLES !!

MALAISIE
Les autorités ont fait un pas positif en suspendant une exécution mais il faut aller plus loin.
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CANADA
La ville de Boucherville officialise son adhésion permanente aux journées des Villes pour la vie - contre la peine de mort.
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ACTIONS URGENTES

IRAK. 
Deux hommes risquent d'être exécutés à l'issue d'un procès inique.
Agissez !

BELARUS
Un homme condamné à mort au Belarus.
Agissez !


ACTION DU MOIS

TAÏWAN
Chiou Ho-Shun, torturé pour qu'il avoue; passible d'exécution malgré des doutes.
Agissez !



NOS ÉVÉNEMENTS À VENIR

26 février 2014 : Conférence "Autopsie d'une exécution - La peine de mort démystifiée" au Théâtre Banque nationale du Cégep de Chicoutimi ( détails )

24 mars 2014 : Ateliers (2) sur la peine de mort au Congrès intramural du Collège Bourget à Rigaud ( détails)

24 mars 2014 : Témoignages (2) d'Alain Olivier, ex-condamné à mort en Thaïlande, au Congrès intramural du Collège Bourget à Rigaud

26 mars 2014 : Ateliers (2) sur la peine de mort à l'École secondaire Rive-Nord à Bois-des-Filion

27 mars 2014 : Lancement des Statistiques mondiales sur la peine de mort


Merci d'agir avec nous !
Charles

 
 
Par Rachël Frenette, blogueuse invitée

Essayez d'imaginer le sentiment que les 600 jeunes au 25e Congrès d'Amnistie internationale Canada francophone, le 2 novembre dernier, ressentaient lorsque Hamid Ghassemi-Shall, ancien condamné à mort, est monté sur la scène de l'École la Magdeleine à La Prairie. Excitation? Joie? Espoir? Et bien ces simples mots ne peuvent pas décrire exactement  l'émotion qui planait dans la salle. Certains étaient bouche bée, d'autres avaient le sourire fendu jusqu'aux oreilles et d'autres encore avaient le goût de fondre en larmes.

De mon côté, cette rencontre restera inoubliable. Jamais je n'avais ressenti autant d'émotions d'un seul coup. Bien sûr, la joie, l'excitation et l'espoir, nommées plus haut, en font partie, mais je ne saurais dire combien d'autres s'y sont mêlées. Le seul mot qui me soit venu en tête au moment précis où je l'ai aperçu était « oui ». OUI nous avons travaillé fort. OUI il est là devant nous. OUI nous avons réussi! Il est libre, vivant, en santé et de retour à la maison.

Lorsque je lui ai serré la main, mon sourire béat ne s'effaçait plus. La seule chose que j'ai réussi à prononcer était « thank you » (merci). Pourquoi est-ce moi qui le remerciais alors que c'est lui qui était venu pour nous montrer sa reconnaissance? Et bien, Hamid m'a, lui aussi, donné quelque chose, il m'a donné l'espoir.

Certains diront que j'ai réagi trop fortement à cette rencontre. Le cas d'Hamid a été ma première cause à défendre avec Amnistie. Le savoir libre aujourd'hui me prouve que nous ne travaillons pas pour rien. Ma rencontre avec cet homme me donne de la force et me pousse à continuer parce que ça fonctionne réellement.

Maintenant, essayez d'imaginer comment vous vous sentiriez si, un jour, vous avez la chance de rencontrer un ancien condamné à mort qui est libre, en partie, grâce à VOTRE travail...
 
 
« Ce sont vos actions, vos cartes de vœux ; c’est en raison de la mobilisation d’Amnistie internationale Canada que je suis avec vous aujourd’hui. Merci à vous tous et toutes. Ma femme Antonella a joint les rangs d’Amnistie il y a quelques années et c’est à mon tour de le faire pour venir en aide à ceux qui ont besoin de nous. »
- Hamid Ghassemi-Shall



C'est en personne, accompagné de son épouse Antonella dans un moment empreint d'émotions, qu'Hamid Ghassemi-Shall a tenu à venir remercier les quelques 600 personnes présentes au 25e Congrès des Jeunes du 2 novembre dernier à l'École la Magdeleine de La Prairie, ainsi que tous ceux ne l'ayant jamais abandonné à son sort et qui ne pouvaient être là ce jour-là.

Les militants le désirant ont par la suite eu le privilège de pouvoir se faire photographier en sa compagnie; des moments inoubliables immortalisés pour bien des jeunes et moins jeunes.

Visionnez une sélection de photos en lien avec la présence d'Hamid Ghassemi-Shall, la tenue d'un kiosque où plus de 300 signatures ont été amassées et de 3 ateliers.
Album du 25e Congrès des Jeunes
 
 
Après avoir passé 5 ans de sa vie à la prison d'Evin en Iran, avec un ordre d'exécution contre lui, Hamid-Ghassemi-Shall est de retour aujourd'hui au Canada en tant qu'homme libre, et a été accueilli chaleureusement par son épouse Antonella Mega.

Son long périple le ramenant de Téhéran a été une épreuve incroyable. Hamid a été arrêté le 24 mai 2008 alors qu'il visitait sa mère âgée en Iran. Son frère aîné, Alborz Ghassemi-Shall, avait été arrêté deux semaines plus tôt. Les deux frères ont alors été maintenus en isolement cellulaire sans aucune représentation légale à la prison d'Evin à Téhéran pendant 18 mois. Le 29 décembre 2008, les deux hommes ont été reconnus coupables d'espionnage et condamnés à mort suite à un procès inéquitable par la Cour révolutionnaire. En janvier 2010, Alborz Ghassemi-Shall, qui souffrait d'un cancer de l'estomac, est décédé en prison.

Amnistie internationale a commencé à militer pour Ghassemi-Shall en décembre 2009. Antonella Mega a reçu des milliers de messages de solidarité des membres d'Amnistie internationale de partout à travers le Canada. Des centaines d'autres ont été acheminés à Ghassemi-Shall à la prison d'Evin. Des dizaines de milliers de Canadiens ont travaillé ensemble afin d'en arriver à cette fin heureuse, en faisant campagne sans relâche, en envoyant des lettres personnelles d'espoir à Hamid, des pétitions et courriels aux autorités, en prenant la parole dans des centres communautaires et écoles, et par le simple bouche à oreille. Des représentants du gouvernement canadien ont ajouté leur voix, appelant à la libération d'Hamid Ghassemi-Shall au Parlement.
 
 
Le paradoxe des Caraïbes rétentionnistes : peu d’exécutions mais un noyau de pays fermement opposés à l’abolition

Bien le bonjour !

En cette 11e Journée mondiale contre la peine de mort, nous vous invitons à agir pour l'abolition dans les Caraïbes.

En effet, nombreux sont les pays de la région des Caraïbes qui maintiennent la peine de mort dans leur législation et dans leur code pénal. Le recours à la peine capitale a cependant considérablement diminué dans ces pays rétentionnistes, soulignant les divergences apparentes entre la politique et la pratique.

La dernière exécution dans les Caraïbes a eu lieu en 2008 à Saint-Kitts-et-Nevis ; il n'y en avait pas eu depuis 2003. Seuls trois États ont condamné des personnes à mort en 2012 (la Barbade, le Guyana et Trinité-et-Tobago). Cependant, au niveau international, le vote des pays des Caraïbes contre les résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies pour un moratoire sur l'application de la peine de mort représentent plus du quart des voix opposées au moratoire universel. La plupart des États rétentionnistes des Caraïbes ont voté contre ces résolutions et ont signé les notes verbales de dissociation dénonçant ces résolutions.

Kiosque à Montréal, présentation en milieu scolaire à Trois-Rivières, pétition en ligne et lettres, soyez au rendez-vous !

Kiosque de midi à 13h à l'UQAM - Détails

Barbade et Trinité-et-Tobago - Abolissez l’application obligatoire de la peine de mort
Agissez ! (pétition en ligne)
Agissez ! (lettre pour la Barbade)
Agissez ! (lettre pour Trinité-et-Tobago)

Lisez enfin le communiqué de presse émis pour l'occasion de la 11e Journée mondiale - Cliquez ici.

Merci infiniment de votre soutien !
 
 
BONNE NOUVELLE !

Hamid Ghassemi-Shall, irano-canadien condamné à mort en Iran et que nous avons soutenu tout au long de la campagne "Cartes de voeux 2011", ainsi que dans le cadre de la campagne pour l'abolition de la peine de mort de l'automne 2012 a été libéré !!!!!

Un grand bravo à tous nos groupes scolaires, universitaires, locaux et thématiques qui ont travaillé fort sur ce cas et à celles et ceux qui ont appuyé le travail d'Amnistie internationale !
 
 
Source : Le Monde

Avocate spécialisée des droits de l'homme et Prix Sakharov en 2012, Nasrin Sotoudeh, condamnée à six ans de prison, a été définitivement libérée. La nouvelle a été publiée sur la page Facebook de son mari, Reza Khandan, mercredi 18 septembre. "Nasrin est venue...On lui a dit qu'elle était libre"a écrit M. Khandan.

Arrêtée en septembre 2010, Nasrin Sotoudeh est sortie de la prison d'Evin, située dans le nord de Téhéran, après avoir purgé la moitié de sa peine pour "atteinte à la sûreté nationale" et "propagande contre le régime".

Cette libération survient alors que la veille, mardi, sept prisonnières politiques ont été également mises en liberté avant la fin de leur peine. Parmi elles, figurent la journaliste Mahsa Amrabadi et la militante féministe et membre de la campagne d'un million de signatures, demandant la fin des discriminations infligées aux femmes iraniennes, Mahboubeh Karami. Les sites iraniens qui ont relayé cette information n'ont pas précisé la raison de ces libérations anticipées.

L'élection à la présidence de la République du modéré Hassan Rohani, le 14 juin, a suscité un grand espoir dans la société civile iranienne. Ces attentes ont été d'autant plus importantes que pendant sa campagne, M. Rohani, appuyé par les réformateurs, appelait à une réconciliation nationale.

Les familles des prisonniers politiques qui avaient eu l'espoir que leurs proches soient libérés à l'occasion de l'Aïd el-Fitr (la fête de la rupture, marquant la fin du jeûne du mois de ramadan), le 7 août, avaient été déçus, car les seuls graciés avaient été des prisonniers de droit commun.

 
 
N.B. Nous attendons d'ici quelques jours la confirmation officielle de sa famille.

Agence France-Presse
Téhéran

La peine de mort d'un jeune informaticien iranien, jugé coupable d'avoir géré un site pornographique en 2010, a été commuée en prison à vie, a annoncé lundi son avocat à l'agence Mehr.

Résidant au Canada, Saeed Malekpour avait été arrêté en 2008 en Iran lors d'un voyage dans le pays et accusé d'avoir géré un site pornographique en persan.

«Il s'est repenti, ce qui a permis de stopper l'application de la peine capitale, et elle a été commuée en prison à vie», a déclaré à l'agence Me Mahmoud Alizadeh Tabatabaie.

M. Malekpour avait été condamné à mort en décembre 2010 après avoir été reconnu coupable de «conception et hébergement de sites internet pour adultes», «d'agitation contre le régime» et «d'insulte à l'islam». L'application de la sentence avait toutefois été suspendue par la justice en décembre 2012.

Selon Amnistie Internationale, ce jeune informaticien aurait été victime, à son insu, de l'utilisation frauduleuse d'un de ses programmes pour diffuser des images pornographiques.

Le Canada, les États-Unis, la France et l'Union européenne avaient protesté contre cette condamnation et appelé Téhéran à ne pas exécuter M. Malekpour.