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Source : Coalition mondiale

Article par Elisa Bellotti publié le 11/12/2015

Le 17 novembre 2015, l’ONG Parliamentarians for Global Action a organisé une table ronde et des consultations en vue de l'abolition de la peine de mort obligatoire en Malaisie. Les efforts des parlementaires sont essentiels pour mener le pays vers l'abolition.

Le parlement malaisien a récemment accueilli une table ronde visant à élaborer des stratégies vers l'abolition de la peine de mort obligatoire en Malaisie. L'événement a permis de discuter de l'amélioration des contributions parlementaires en faveur de l'abolition et de comment éduquer à l’abolition.

La peine de mort obligatoire en Malaisie : le cadre juridique 


Selon la loi malaisienne, la peine capitale est obligatoire pour une série de crimes, qui vont de la trahison au meurtre et des infractions pour possession d'armes à feu au trafic de drogue. 
Le réseau à but non lucratif qui compte plus de 1 000 législateurs, Parliamentarians for Global Action (PGA), a décidé de se réunir à Kuala Lumpur, en collaboration avec des députés, des autorités internationales et des experts, pour débattre de l'abolition de la peine capitale obligatoire en Malaisie.
La table ronde a mis en évidence l'existence d'un mouvement malaisien pour l'abolition, qui s’est répandu non seulement parmi les parlementaires, mais aussi parmi des fonctionnaires de l'État et le grand public. Au cours de la première session de la table ronde, l'irrévocabilité de la peine de mort obligatoire, et la possibilité d'erreurs judiciaires, ont été débattues. En effet, nombreux pays au monde considèrent le caractère automatique de cette punition comme étant arbitraire et disproportionné. La peine de mort obligatoire ne permet pas de prendre compte les différentes circonstances atténuantes dans lesquelles les infractions ont été commises, ainsi que les différentes caractéristiques de ceux qui ont été punis. 

Le rôle essentiel des parlementaires en vue de l'abolition

Comme l'indique la ressource récemment mise à jour de la Coalition mondiale contre la peine de mort, « Les parlementaires et l'abolition de la peine de mort », les parlementaires sont confrontés à une pression croissante découlant des attentes du public et ont la responsabilité de répondre à leurs préoccupations. Pendant la table ronde, le député Iskandar a insisté sur le rôle des parlementaires, en tant que représentants de l'intérêt supérieur du public. Il a également souligné le rôle des parlementaires comme visionnaires qui devraient mener la société loin de la vengeance et des représailles.
Enfin, le député a encouragé l'adoption d'une proposition de loi qui abolirait la peine de mort pour trafic de drogue et armes à feu. 

Un projet de loi pour supprimer la peine de mort obligatoire en Malaisie

La député Nancy Shukri, ministre du Droit et vice-présidente du Groupe Malaisien de PGA, a annoncé aux participants que le projet d'amendement de la loi sur la peine de mort a été préparé, dans le but de supprimer la peine de mort obligatoire. Puis, elle a déclaré son engagement total pour ce projet de loi, qui devrait être présenté l'année prochaine.

Selon Maia Trujillo, chargée de programme à PGA, « PGA se félicite des récentes déclarations de responsables gouvernementaux, en particulier hon. Nancy Shukri, ministre du Droit et membre de PGA , de rompre avec la peine de mort obligatoire ». « C'est est la reconnaissance que la peine de mort obligatoire n'a aucun effet dissuasif et ne devrait pas être appliquée, par principe, en particulier pour des crimes non violents comme les infractions relatives aux drogues » a-t-elle ajouté.

Photo: Table rounde @PGA

 
 
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En Mongolie, le Parlement vient de voter l'adoption d'un nouveau code pénal qui abolira la peine de mort pour tous les crimes dès son entrée en vigueur en septembre 2016. Amarzaya Galsanlkhagva, qui fait depuis longtemps campagne au sein d'Amnistie Mongolie, revient sur ce long chemin parcouru vers la victoire.

Par Amarzaya Galsanlkhagva

Amnistie Mongolie fait campagne en faveur de l'abolition de la peine de mort dans le pays depuis la création de notre bureau en 1994, et nous sommes donc très contents de cette bonne nouvelle. C'est une victoire pour nos sympathisants à travers le monde, et cela montre une nouvelle fois que nous pouvons avoir une réelle incidence sur les droits humains en unissant nos forces.

Le chemin fut long et difficile pour arriver à convaincre les autorités en Mongolie d'abolir ce châtiment cruel, inhumain et dégradant. Nous nous sommes heurtés à de nombreux obstacles, sans jamais perdre espoir.

Un parcours jalonné de hauts et de bas

Au fil des ans, nous avons exploré divers moyens de sensibiliser la population et d'engager un dialogue avec les autorités. Chaque année depuis 2006, le 10 décembre, nous commémorons la Journée mondiale contre la peine de mort. Depuis trois ans, nous nous associons à l'action Villes pour la vie, le 30 novembre, pour commémorer la première abolition de la peine de mort par un pays européen en 1786.

Nous avons organisé des expositions d'art, des débats sur des films, des conférences devant des étudiants en droit, des tournées de conférences avec des familles américaines de victimes de meurtres qui s'opposent à la peine capitale, des rencontres avec des législateurs, et mené bien d'autres activités encore, qui ont contribué peu à peu à faire basculer l'opinion publique au fil des ans.

L'un des événements phares fut notre exposition de 2009, « Sur la potence », organisée à l'occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort. Elle présentait les œuvres d'Artur Judah Angel, ancien condamné à mort au Nigeria dont les dessins dépeignaient les conditions de détention dans les couloirs de la mort de ce pays. À travers son art, il a touché une corde sensible. L'exposition avait attiré des visiteurs très variés, dont des représentants de l'État et des agents pénitentiaires, des diplomates, des étudiants en droit et des avocats, des médias et de simples citoyens.

Notre campagne en faveur d'Erdene-Ochir a également fait très forte impression. Il s'agit d'un Mongol, déclaré coupable à tort de meurtre et condamné à mort en 1995. Sa condamnation à mort a été confirmée à trois reprises par trois tribunaux différents, avant qu'il ne soit reconnu innocent et libéré en 2002. Son cas illustre l'une des préoccupations majeures de tout débat sur l'abolition : le risque d'exécuter un innocent.

Un renversement de l’opinion

Au cours des sept années qu'il a fallu aux tribunaux pour annuler la condamnation d'Erdene-Ochir, nous avons pu observer le renversement de l'opinion publique, qui au départ était favorable à sa condamnation à mort, et y est devenue totalement hostile par la suite. Depuis, le soutien à la peine de mort n'a cessé de décliner. Selon un sondage réalisé en 2011 par le service de recherche du gouvernement mongol, en collaboration avec l'Association pour la protection du droit à la vie, une majorité de Mongols se disait favorable à l'abolition de la peine de mort au motif qu'elle est irréversible et peut conduire à exécuter des innocents.

L'abolition de la peine de mort en Mongolie est une décision historique et nous n'aurions pas pu y parvenir seuls. Elle nécessitait une volonté politique de la part des autorités mongoles pour faire avancer les choses. Le président Tsakhiagiin Elbegdorj a annoncé en 2010 un moratoire sur les exécutions, première mesure sur le chemin de l'abolition depuis de nombreuses années.

Dans les années 1950, la Mongolie a aboli la peine de mort pour les crimes de droit commun comme le meurtre, mais l'a rétablie 10 mois plus tard sous la pression de la population. C’est pourquoi nous poursuivrons notre travail en Mongolie, et soutiendrons les actions en Asie et dans le monde en faveur de l'abolition totale de ce châtiment.

 
 
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Il a été créé pour aider tous les abolitionnistes à répondre à l'argument de l'effet dissuasif de la peine de mort. Il donne une définition de la théorie de la dissuasion, des raisons concrètes expliquant pourquoi les études universitaires n’ont pas réussi à prouver l'effet dissuasif de la peine de mort et compare les chiffres concernant les taux de criminalité et l'abolition. Il ne fournit pas de réponses simples et faciles, mais explique, étape par étape, comment répondre à ceux qui croient que la peine de mort a un effet dissuasif.

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Par Mohammed al Nimr

Ce billet de blog a été publié sur le site du magazine Newsweek.

Chaque fois que j'entre ou que je sors de notre maison par le garage, un vélo posé dans l'angle retient mon attention.  

Ce vélo ravive les souvenirs douloureux de mon fils, Ali Mohammed al Nimr, qui a été condamné à mort et qui risque d'être exécuté à tout moment dans mon pays, le royaume d'Arabie saoudite.

Je me souviens d'Ali qui se tenait devant moi quand je lui ai promis de lui acheter ce vélo s'il réussissait son entrée dans l’enseignement secondaire. Je me souviens comme il était heureux lorsque nous sommes allés l'acheter ensemble. Il était surexcité de recevoir ce vélo, comme n'importe quel autre garçon l’aurait été. 

Je me souviens quand son grand frère lui a appris à faire du vélo et quand je lui ai dit de regarder des deux côtés de la route et de se méfier des chauffards. Le voir tomber me brisait le cœur à chaque fois ! Je suis son père après tout. 

Ces scènes se bousculent dans ma tête quand je marche dans les rues de mon village, Awamiyya, et que je vois des enfants faire du vélo. Je prie toujours Dieu de les protéger, mais je ne peux pas toujours retenir mes larmes. 

Pour moi, ce vélo brillant représente la lumière que mon fils dégage et que moi, sa mère, ses frères et ses sœurs voyons toujours dans la maison en son absence. 

Dans nos têtes, nous le voyons tous les jours : dans les escaliers, sautant deux ou trois marches à la fois, dans le sous-sol où il allait lorsqu'il s'ennuyait. 

Nous le voyons devant la porte d'entrée, dans la cuisine, dans le salon, dans le jardin ou dans la pièce bleue où il aimait passer du temps seul.

Le jeune Ali est dans tous les recoins de la maison ainsi que dans le cœur de sa mère, son père, ses frères et ses sœurs. 

Son lit n'a pas été fait depuis qu'il a été arrêté le 15 février 2012. Ce jour-là, une voiture blindée de patrouille de police l'a renversé. Les policiers l'ont emmené à l'hôpital avant de l'envoyer dans un centre pour mineurs. Il a par la suite été placé en détention à la prison d'al Mabahith à Dammam. 

Le jour où Ali a été condamné à mort, un de mes amis m'a écrit pour me dire que j'avais bien fait de choisir « Ali » comme prénom pour mon fils, car le mot « Ali » vient du mot « fierté », et Ali est, en effet, ma source de fierté et de joie. 

Il a été condamné à mort par un juge pour des prétextes religieux et sur des ordres donnés au niveau politique. L'annonce d'une telle condamnation était terrifiante pour le jeune garçon. Dans ces moments difficiles, nous n'avons trouvé de réconfort que dans les paroles qu'il a prononcées d'un air nonchalant et sûr de lui : « qu'il en soit ainsi ».

À ce moment, et encore aujourd’hui, j'aurais souhaité qu'il soit orphelin, plutôt que le fils d'un père qui était sur le point de le perdre. Il avait encore toute sa jeunesse devant lui. 

Tout le monde a été choqué par la condamnation. Sa mère s'est effondrée et s'est évanouie lorsqu'elle a appris la nouvelle. 

J'ai demandé à maintes reprises si une telle condamnation était conforme aux conventions et traités internationaux ratifiés par mon pays. Ces traités permettent-ils d'arrêter des gens qui ont une opinion divergente ? Ces instruments permettent-ils de renverser des enfants avec des véhicules blindés ? 

Ce sont là mes réflexions et émotions en ce qui concerne mon trésor le plus précieux, mon fils et petit tigre, Ali Mohammed al-Nimr (Nimr signifie tigre en arabe). 

Mon petit Ali n'est pas plus précieux qu'Ali Qarayris, Ali al Fulful ou n'importe quelle autre personne tuée lors des manifestations de Qatif, dans la province de l'Est de l'Arabie saoudite, ou que d'autres personnes qui défendent leur dignité et demandent que leurs droits soient respectés. Je les considère tous comme mes enfants, tout comme Ali. 

Mon jeune tigre est sacrifié pour ma loyauté envers mon frère, l'oncle d'Ali, Sheikh Nimr al Nimr, également condamné à mort. Il est victime de la folie des politiques et du sectarisme. Il est temps de mettre fin une bonne fois pour toutes à de telles politiques discriminatoires dans notre pays que nous aimons et chérissons.

J'ai également de très bons souvenirs de mon frère, Sheikh Nimr, qui a trois ans de plus que moi. Nous avons passé 13 ans à l'étranger ensemble quand nous avions une vingtaine d'années. Ma famille et moi avions trouvé refuge dans son petit appartement de 50 mètres carrés où il nous a accueillis avec générosité et nous offrait toute la nourriture qu'il ramenait pour sa famille. 

D'aucuns savent que j'ai choisi la voie du travail social et du militantisme afin de répondre aux préoccupations de mon pays, l'Arabie saoudite. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec mon frère, personne dans notre village ne discuterait jamais le fait que notre priorité doit être de rétablir nos droits et mettre fin à la discrimination religieuse. 

Mon cher frère, Sheikh Nimr, mon cher tigre Nimr, que la paix soit sur vous, le jour où vous êtes nés, le jour où vous avez été arrêtés, le jour où vous avez été condamnés à mort. Le jour où vous rentrerez sains et sauf, ce sera la volonté de Dieu.  

 
 
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Article par Lauranne Mailhabiau publié le 23/06/2015
- Coalition mondiale

En Asie, la peine de mort pour trafic de drogue est l’un des enjeux majeurs. Le congrès régional a été l’occasion d’aborder cette question lors de deux évènements. C'est aussi le thème de la Journée mondiale contre la peine de mort de 2015.

Le sénateur et ministre au sein du département du premier ministre en Malaisie, Datuk Paul Low Seng Kuan, a déclaré à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du congrès régional : « les politiques actuelles ne fonctionnent pas ; les passeurs de drogues sont arrêtés mais les barons de la drogue restent libres ». Il a expliqué que « le gouvernement malaysien était en train de prendre en considération l’idée d’une réduction de la peine maximum à de la prison à vie ». 

Dire non aux drogues à tout prix

Rick Lines, directeur exécutif de Harm Reduction International, a expliqué que 33 états maintenaient la peine de mort pour trafic de drogue. « Le droit international relatif au control des drogues est fondé sur 3 conventions onusiennes respectivement adoptées en 1961, 1971 et 1988. La Convention de 1988 créé une obligation des états à adopter des législations contre les drogues. L’article 3.5 de la convention souligne les circonstances aggravantes au trafic de drogue ». Ainsi, sans ces circonstances aggravantes, aucun des crimes de drogue ne peut être considéré comme l’un des crimes les plus graves en droit international. Rick Lines a également insisté sur l’expression « crimes particulièrement graves » utilisée dans la convention et s’est demandé « quelles sont les nuances entre les crimes les plus graves, les crimes particulièrement graves et les crimes graves ? ». 

Ricky Gunawan, directeur de l’association Lembaga Bantuan Hukum Maysarakat, a pris la suite avec l’exemple de l’Indonésie. Il a expliqué que la population indonésienne avait été élevée avec une campagne contre la drogue. « Ce sujet est plus facile pour les hommes politique souhaitant attirer la sympathie ». 

Puri Kencana Putri, chercheuse à KontraS a souligné les procès inéquitables auxquels sont soumis les prisonniers. Rodrigo Gularte, qui était handicapé mental, n’avait pas reçu l’aide d’un traducteur et ne pouvait pas s’offrir les services d’un avocat.  Putri a également mentionné une affaire de corruption des juges qui auraient proposé à Andrew Chan et Myuran Sukumaran, pour la somme de 130 000$, de prononcer une condamnation inférieure à 20ans. 

Préparer la session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur la drogue de 2016   

Plusieurs “side events” ont été organisés en parallèle du congrès, dont un sur l’Iran et un autre sur les stratégies à adopter en vue de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la drogue en 2016 par Harm Reduction International et la Coalition mondiale en vue de la Journée mondiale contre la peine de mort.

Gloria Lai, de l’International Drug Policy Consortium, a évoqué l'inefficacité et le mal qu'on fait les politiques en matière de drogue actuelles. La dernière session spécial de l'Assemblée générale de l'ONU sur les drogues en 1998 était axé sur l'élimination totale des drogies dans le monde. "Mais aujourd'hui, nous ne sommes pas dans un monde sans drogue, il y a plus de drogues, et elles sont plus facilement accessible et à un plus jeune âge", a déclaré Gloria Lai.

La clé pour faire changer les choses est d'avoir une société civile forte avec une alliance entre la société civile abolitionniste et la société civile travaillant sur la réforme des politiques en matière de drogues. Rick Lines de Harm Reduction International a déclaré: "il est presque impossible de discuter des questions relatives aux droits de l'homme liées à la drogue, l'accent mis sur la peine de mort est stratégique".

La peine de mort pour trafic de drogue met en scène tous les pays abolitionnistes, que ce soit lorsque leurs citoyens sont condamnés à mort à l'étranger, ou bien lorsqu'ils combattent le trafic de drogue en finançant, équipant ou entrainant et contribuant à l’arrestation de trafiquants de drogues dans des états où ces derniers peuvent être condamnés à mort.  

« Comment pouvez-vous donner de l’argent qui va permettre des exécutions pour combattre le trafic ? » s'interroge Rick Line.  La session spéciale de l’Assemblée Générale des Nations Unies de 2016 sur le problème mondial de la drogue sera une excellente occasion de faire entendre la voix de la société civile et de mettre en évidence les violations des droits de l'homme, y compris le recours à la peine de mort.

 
 
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Quelle est l'ampleur du recours à la peine de mort dans le monde ?
D'après les informations dont dispose Amnistie internationale, 55 pays ont condamné à mort au moins 2 466 personnes en 2014 – ce qui représente une augmentation de 28% par rapport à l'année 2013. Cette hausse s'explique en grande partie par le plus grand nombre de condamnations à mort prononcées en Égypte et au Nigeria.

Amnistie internationale a recensé 607 exécutions dans 22 pays en 2014.

L'organisation est toutefois convaincue que le nombre exact de condamnés ayant été exécutés à travers le monde au cours de l'année écoulée est beaucoup plus élevé. Ainsi, ce chiffre n'inclut pas les exécutions ayant eu lieu en 2014 en Chine, qui a ôté la vie à un nombre de condamnés plus élevé que tous les autres pays du globe réunis. 

De plus, de nombreux pays (dont le Bélarus) procèdent aux exécutions dans le secret, souvent sans même informer la famille ou les avocats du condamné.

Dans d'autres pays, comme la Corée du Nord, l'Érythrée, la Malaisie ou la Syrie, en raison de pratiques gouvernementales restrictives ou d'une instabilité politique, il n'existe pas, ou presque pas, d'information sur le recours à la peine de mort. 

Combien de personnes attendent-elles encore dans le quartier des condamnés à mort ?
Nous savons que, à la fin de l'année 2014, il y avait environ 20 000 personnes dans l'antichambre de la mort à travers le monde.

La situation demeure donc très préoccupante...
Oui, mais nous avons également constaté des évolutions encourageantes. Le monde, dans son ensemble, se détourne peu à peu de la sentence capitale.

Le nombre de pays ayant prononcé des condamnations à mort est passé de 57 en 2013 à 55 en 2014.

Exceptions faites du Bélarus et des États-Unis, l'Europe et le continent américain sont des régions du monde presque exemptes de toute exécution. Aux États-Unis, Amnistie internationale a constaté une diminution à la fois du nombre de condamnations à mort prononcées et du nombre d'exécutions. En 2014, l'État de Washington a imposé un moratoire sur les exécutions.

À la connaissance d'Amnistie internationale, seuls trois pays ont procédé à des exécutions en Afrique sub-saharienne. Dans la région Asie-Pacifique, des débats ont été engagés concernant l'abolition de la peine de mort en Corée du Sud, à Fidji et en Thaïlande.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le nombre d'exécutions recensé par Amnesty International pour l'année 2014 a diminué d'environ 23 % par rapport à 2013.

En décembre, à Madagascar, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à abolir la peine de mort.

Pourquoi certains pays ont-ils toujours recours à la peine de mort ?
En 2014, Amnistie internationale a constaté que de nombreux pays procédant encore à des exécutions présentent leur recours à la peine de mort comme une réponse aux menaces – réelles ou supposées – à la sûreté de l'État et la sécurité publique que posent le terrorisme, la criminalité ou l'instabilité intérieure. 

En décembre 2014, au lendemain de l'attaque terroriste contre l'école de Peshawar qui a causé la mort de 149 personnes – en majorité des enfants, le Pakistan a levé le moratoire sur les exécutions qui avait été prononcé en septembre 2008. Depuis, plusieurs dizaines de condamnés ont été exécutés. 

D'après les informations recueillies par Amnistie internationale, des exécutions relatives à des infractions liées au terrorisme ont de nouveau été perpétrées en Chine, en Irak et en Iran.

La Jordanie a, de nouveau, eu recours à la sentence capitale et l'Indonésie a failli reprendre les exécutions, les deux pays justifiant leurs actions comme des réponses à la criminalité.

De nombreux autres pays, dont l'Arabie saoudite, la Corée du Nord, l'État de Palestine et l'Iran, ont continué de recourir à la peine de mort pour éradiquer toute dissidence politique.

Les exécutions ne s'effectuent-elles pas de manière plus humaine aujourd'hui ?
Il n'existe pas de manière « humaine » d'exécuter un individu.

De nombreux pays pratiquent toujours l'exécution par pendaison, par décapitation ou par peloton. Aux États-Unis, le recours à l'injection létale a donné lieu à trois exécutions « manquées » au cours de la seule année 2014.

Le recours à la réclusion à perpétuité ne coûte-t-il pas trop cher ?
Non. Et même si c'était le cas, cela ne justifierait pas le fait de tuer des individus. Aux États-Unis, la lourdeur de la procédure judiciaire et la lenteur des mécanismes de recours dans les affaires où le condamné encourt la peine de mort sont telles que la sentence capitale entraîne des coûts supérieurs à ceux induits par la réclusion à perpétuité. Plusieurs études américaines ont montré que la peine de mort coûtait de 1,5 à trois fois plus cher que la réclusion à perpétuité.

Non seulement il est inconcevable d'un point de vue moral de justifier les exécutions judiciaires en invoquant les économies réalisées – une violation des droits humains demeure une violation des droits humains, quel que soit son coût –, mais l'argument fait fi des autres conséquences. Les exécutions ont un effet déshumanisant sur les personnes qui y participent et elles privent les familles d'un être cher.

Le recours à la peine de mort détourne, de plus, une énergie et des ressources qui pourraient être employées à des méthodes plus constructives de lutte contre la criminalité, par exemple à l'amélioration des enquêtes de police ou des soins pour les familles des victimes des violences.

Mais la peine de mort n’est-elle pas une sanction juste en cas de crime grave (meurtre, viol) ?
Le droit à la vie est un droit humain inhérent à tout individu. Il faut empêcher et sanctionner les crimes, mais dans le parfait respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Une exécution est un châtiment irréversible. L'année dernière, 112 personnes ont été innocentées dans neuf pays, alors qu'elles avaient été condamnées à la peine capitale – des innocents auraient alors été exécutés.

Dans la plupart des pays où des personnes ont été condamnées à mort ou exécutées, la peine capitale a été prononcée à l'issue d'une procédure non conforme aux normes internationales d'équité des procès.

Dans plusieurs pays, notamment en Afghanistan, en Arabie saoudite, à Bahrein, en Chine, en Corée du Nord, en Irak et en Iran, ces condamnations ont été prononcées sur la base d'« aveux » arrachés sous la torture ou d'autres formes de contrainte.

De plus, à travers le monde, des personnes sont toujours condamnées à mort et exécutées pour des crimes n'ayant pas provoqué la mort d'autrui, comme des infractions relatives aux stupéfiants, l’« adultère », l’« outrage au prophète de l'islam » ou la « sorcellerie ».

 
 
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Pendant 19 ans, ThankGod Ebhos n’a quasiment jamais dormi une nuit complète.

Nuit après nuit, allongé sur une couverture dans une petite cellule de la prison de Benin, dans le sud du Nigeria, il faisait le même cauchemar perturbant : un gardien frappe à la porte puis l’escorte, à peine réveillé, jusqu’au gibet, lui met une corde autour du cou et le pend.

En juin 2013, ce mauvais rêve a failli devenir réalité.

À son réveil, ThankGod Ebhos a entendu le bruit terrifiant de la porte de la chambre d’exécution et senti l’odeur de l’huile utilisée pour lubrifier la potence. Il savait que sa vie allait s’arrêter de manière soudaine et a pensé à ses enfants.

Des membres du personnel carcéral sont venus dans sa cellule et, sans dire un mot, l’ont poussé, ainsi que quatre autres détenus, dans la chambre d’exécution, où tout était prêt pour procéder à leur pendaison.

Il fait le récit de ce qui s’est passé ensuite :

« Nous savions que nous allions mourir, ils n'ont pas eu besoin de nous le dire. Lorsque nous sommes arrivés devant la potence, ils ont fermé la porte derrière nous. Tout était prêt. La corde avait été préparée et le sac de sable était par terre. Le shérif, le bourreau et d’autres employés de la prison se tenaient sur le côté ; un prêtre a demandé à dieu de nous pardonner nos péchés. Après la prière, les ordres d’exécution nous ont été lus. »

On a ensuite demandé à ThankGod ce qu’il voulait que la prison fasse de ses affaires. Il a répondu qu’il souhaitait que son fils, Solomon, récupère tout.

Quelques instants plus tard, les exécutions ont commencé, chorégraphie perverse. ThankGod a vu les quatre hommes, une corde autour du cou, puis suspendus, avant de suffoquer un par un et de perdre la vie.

« Quand la première personne a été pendue, son visage a été recouvert d’un sac noir. Je ne pouvais penser à rien d’autre qu’à la manière dont j’allais mourir. Puis il y a eu les deuxième, troisième et quatrième exécutions, jusqu’à ce que ce soit mon tour. »

Mais alors que ThankGod se tenait dans cette « pièce de la mort », la corde autour du cou, le cœur battant à tout rompre, il s’est produit une chose inimaginable.

Véritable coup de théâtre, le shérif a relu l’ordre d’exécution de ThankGod, puis a dit qu’il avait été condamné à mort par peloton d’exécution, pas par pendaison. Un point technique qui rendait illégale son exécution par pendaison.

Une discussion a suivi, tandis que la corde se trouvait encore autour du cou de ThankGod. 

Les employés de la prison se sont hâtés de téléphoner au siège des autorités carcérales, à Abuja, la capitale du Nigeria. Ils voulaient obtenir la confirmation que l’exécution pouvait avoir lieu quelle que soit la teneur de l’ordre.

Certains des employés de la prison ont soutenu avec ferveur qu’aucune personne amenée au gibet pour y être exécutée ne doit émerger de la salle d’exécution vivante.

Le shérif a finalement insisté pour que ThankGod ne soit pas exécuté par pendaison. Il a ordonné l’ouverture de la porte, et ThankGod a été ramené dans sa cellule.

« Quand je suis revenu dans ma cellule, j’ai immédiatement pris mon téléphone et appelé Kola Ogunbiyi d’Avocats sans frontières France au Nigeria. Il a été surpris d’entendre ma voix et s’est demandé pourquoi je n’avais pas été exécuté. Il m’a dit qu’il allait appeler Amnistie internationale et attirer l’attention du monde sur mon cas », a expliqué ThankGod.

Avocats sans frontières France au Nigeria a plus tard saisi la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Abuja.

En janvier 2014, la CEDEAO a rendu une décision ordonnant au gouvernement de ne pas exécuter ThankGod Ebhos. Le 10 juin 2014, la Cour a prononcé un jugement définitif ordonnant que le nom de Thankgod Ebhos soit rayé de la liste des condamnés à mort.

ThankGod a été remis en liberté le 28 octobre 2014, après que Mukhtar Yaro, gouverneur de l’État de Kaduna, a ordonné sa libération au titre de ses prérogatives en matière de grâce.

« On m’a donné trois minutes pour rassembler mes affaires et quitter la prison. Je pensais que c’était un rêve et j’ai dit à dieu qu’il fallait m’empêcher de me réveiller. Aujourd’hui encore, je me demande si c’est un rêve parce que je n’aurais jamais pensé que je pourrais être en vie à l’heure actuelle. »

« Un sentiment d’horreur permanent »

ThankGod Ebhos a été condamné à mort au Nigeria en 1995 pour un braquage à main armé ayant eu lieu en 1988. Il a été arrêté et incarcéré cette même année.

Il a reconnu sa responsabilité et a passé 19 ans dans le quartier des condamnés à mort, à se demander si chaque jour serait le dernier.

Il associe la vie en prison à « un sentiment d’horreur permanent ».

« Je n’ai pas eu un instant de tranquillité d’esprit. À chaque fois que j’entendais frapper à ma porte, je pensais qu’ils étaient venus me chercher pour m’exécuter. J’avais toujours l’impression que j’allais mourir d’un moment à l’autre », a-t-il déclaré.

Il n’a toutefois jamais perdu espoir. Quand il était en prison, il a appris à lire et écrire, et à jouer de la guitare et du piano.  
ThankGod a eu de la chance.

Mercredi 1er avril, Amnistie internationale publie son dernier rapport en date sur le recours à la peine capitale dans le monde entier.

Au moins 1 588 personnes languissent actuellement dans le quartier des condamnés à mort au Nigeria - 659 d’entre elles ont été condamnées à la peine capitale l’an dernier.

« La nature cruelle et irréversible de la peine de mort en fait un châtiment absolument inadapté au 21e siècle. Il s'agit d'une violation du droit à la vie. Le Nigeria doit suivre la tendance mondiale contre cette pratique inhumaine, en l'abolissant complètement », a déclaré Oluwatosin Popoola, conseiller sur la peine de mort auprès d’Amnistie internationale.

 
 
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Par Hiroka Shoji, chercheuse d’Amnistie internationale sur l’Asie de l’Est

Il y a tout juste un an aujourd’hui, Iwao Hakamada, âgé de 79 ans, quittait le centre de détention de Tokyo, après qu’un tribunal de district japonais s’était prononcé en faveur de sa libération provisoire et d'un nouveau procès. Sans doute le détenu ayant passé le plus de temps dans le couloir de la mort au monde, Iwao Hakamada a vécu plus de la moitié de sa vie dans l’antichambre de la mort. Sa condamnation reposait sur des « aveux »
qu’il avait faits après avoir été torturé à plusieurs reprises, ainsi que sur des preuves dont le tribunal a estimé qu'elles avaient pu être forgées de toutes pièces.

Bien que cette affaire fortement médiatisée ait ébranlé la confiance dans la justice et le système carcéral japonais, un an plus tard, la situation n’a pas beaucoup changé. La justice pénale japonaise présente toujours de nombreuses failles et les conditions de détention dans le couloir de la mort demeurent toujours aussi inhumaines.

"Après plus de quarante-cinq années passées en isolement dans une cellule de cinq mètres carrés, Iwao Hakamada souffrait de troubles mentaux à sa sortie de prison."
Hiroka Shoji, chercheuse d’Amnistie internationale sur l’Asie de l’Est


Isolement cellulaire

Lorsque Iwao Hakamada est sorti de prison sous les projecteurs des médias le 27 mars 2014, celui qui est apparu devant les caméras n'était pas un homme heureux, mais un vieillard qui avançait voûté, le visage sans expression.Ses propos demeurent peu cohérents et il se replie souvent sur lui-même. À d'autres moments, il s'emporte brusquement.

Les premiers signes de troubles cognitifs et comportementaux se sont manifestés en 1980, lorsque la Cour suprême a confirmé la condamnation d’Iwao Hakamada à la peine capitale. Son avocat a précisé qu'il était difficile de communiquer avec lui, ce qui rendait leurs rendez-vous inefficaces. Les conversations avec sa sœur, Hideko, et les lettres qu'il écrivait témoignaient également de troubles mentaux.

Au Japon, les condamnés à mort sont non seulement placés en isolement cellulaire mais aussi coupés du monde extérieur, ce qui signifie qu'ils n'ont que très peu de contacts avec leurs proches. Iwao Hakamada a vécu dans ces conditions extrêmes pendant des décennies.

Mépris de la santé mentale

Iwao Hakamada n'est pas le seul prisonnier à avoir été atteint de troubles mentaux pendant sa détention dans le couloir de la mort. Kenji Matsumoto, qui risque l'exécution depuis 1993, a lui aussi vu sa santé mentale se dégrader dans l’antichambre de la mort. Dans son cas, ces troubles se sont ajoutés à une déficience intellectuelle congénitale.

Comme Iwao Hakamada, Kenji Matsumoto a manifesté des signes de pensée irrationnelle à la suite de son incarcération. En 2008, un membre d'Amnesty International a indiqué avoir reçu un courrier de ce dernier, dans lequel il affirmait avoir reçu un prix, sous forme d'argent, de la part du Premier ministre japonais et du président des États-Unis – des évènements qui ne se sont jamais produits. En raison de sa déficience mentale, ses avocats ont déclaré que Kenji Matsumoto n'était pas en mesure de comprendre la procédure judiciaire le concernant, ni d'y participer ou de les aider à préparer les recours pour sa défense.

De ce fait, des détenus comme Kenji Matsumoto, atteint de déficience intellectuelle préexistante, sont condamnés à mort. De plus, les conditions carcérales qui ont tant nui à la santé mentale d’Iwao Hakamada et de Kenji Matsumoto n'ont pas évolué.
"Le droit international et les normes internationales énoncent clairement que la peine capitale ne peut être appliquée à des personnes présentant une déficience intellectuelle ou un handicap mental. Malgré tout, le Japon ne dispose d'aucune véritable garantie pour empêcher cette situation."
Hiroka Shoji, chercheuse d’Amnistie internationale sur l’Asie de l’Est

Un virage nécessaire

Dans une déclaration publique prononcée à la suite de sa libération, Iwao Hakamada a indiqué : « Il est inacceptable qu'un État tue les siens. »

Son cas soulève d'importantes questions. Par exemple, peut-il être justifié d'enfermer une personne dans une cellule exiguë, seule, pendant des décennies ? Dans l'état actuel des choses, la justice pénale japonaise garantit-elle l'équité des procès et offre-t-elle des garanties suffisantes à l'encontre des « aveux » extorqués ? Si le risque d'exécuter un innocent est toujours présent, ces garanties pourront-elles un jour être suffisantes ? L'expérience tirée de la situation dans la grande majorité des pays du monde révèle que la réponse est non.

Au cours de l'année qui s'est écoulée, l'état d’Iwao Hakamada a montré des signes d'amélioration. Vivant aujourd'hui à Shizuoka, au Japon, avec sa sœur Hideko, il parvient plus volontiers à parler avec celle-ci. De temps à autre, il esquisse même un sourire.

Le dossier d’Iwao Hakamada se trouve toujours entre les mains de la Haute cour qui doit statuer sur la tenue d'un nouveau procès mais, pour l'instant, Iwao Hakamada a pu rentrer chez lui. Des réformes judiciaires et l'amélioration des conditions de détention dans le couloir de la mort sont indispensables. Toutefois, le virage ultime doit être l'abolition de la peine de mort. Nous espérons que la réforme du système judiciaire japonais n'interviendra pas trop tard pour Kenji Matsumoto et tous ceux qui, comme lui, se trouvent toujours dans le couloir de la mort.

 
 
Avec la collaboration de Catherine Doucetenseignante en éthique et culture religieuse en 4e-5e secondaire en Outaouais, les élèves de sa classe ont pu expérimenter plusieurs aspects de l'application de la peine de mort sur une période de plusieurs mois. 

Un des projets en résultant est un mini concours parmi ses élèves pour la rédaction d'un texte d'opinion.
 Voici donc les résultats :


PREMIER PRIX
La peine de mort, démodée ?

La mentalité de l’homme doit constamment se corriger pour s’adapter au courant de l’évolution de la vie. C’est pour cette raison que la pensée que porte l’homme à l’égard de la peine de mort doit faire de même. Nous ne sommes plus au début des civilisations où l’homme ne pensait qu’à se venger. Nous vivons dans un monde de plus en plus civilisé, je crois donc sincèrement que nous ne devrions plus punir un crime par un autre. Le monde où nous vivons ne cesse de changer pour le mieux, croyez-vous que nous devrions continuer la pratique de la peine de mort, des temps primitifs, dans une ère moderne?

La raison venant à l’esprit de tous en premier est la question sur les innocents exécutés. Je crois que si elle vient à l’esprit des gens, elle a le droit d’être expliquée correctement. Je suis conscient que la plupart des exécutés sont coupables et ont commis des crimes impardonnables, cependant je crois tout de même que l’on devrait abolir cette pratique, même si l’on exécute 1000 coupables pour 1 innocent. Je suis en accord total sur le fait de punir un homme pour un crime commis par ce dernier, cependant lui enlever sa liberté est différent de lui enlever sa vie. Les innocents condamnés sont peu nombreux, mais tout de même trop à la fois.

Pour continuer, je voudrais vous faire part de l’humanité des exécutions aux États-Unis, qui est, d’après moi, inhumaine. Je dois tout de même avouer que les jours qui précèdent leur exécution, les condamnés ont la chance d’avoir certains privilèges qui rendent la situation le plus possible humain pour le condamné. Cependant, des études sérieuses démontrent que les moments passés par les prisonniers à attendre l’instant fatal est la pire des tortures psychologiques, de plus l’infaillibilité de l’absence de souffrance pour le prisonniers est remise en doute aux États-Unis, depuis que plusieurs exécutions ont été ratées. 

Finalement, je voudrais vous faire comprendre que l’on devrait abolir cette pratique barbare, étant la peine de mort, pour faire place à des solutions plus civilisées. Que l’on pense seulement aux innocents et à l’humanité des exécutions, je crois que c’est assez pour décider de mettre fin à cette pratique. La Terre évolue, la technologie évolue, même notre corps évolue, pourquoi notre mentalité ne changerait-elle pas?

Alexis Pouliot, secondaire 4


DEUXIÈME PRIX
Contre la peine de mort !

La peine de mort est un acte barbare. Pourquoi punir la violence par la violence? ‘De plus, condamner une personne à mort coûte 3 fois plus cher pour l’État que la prison à vie.

La peine de mort viole les droits humains fondamentaux. Personne n’a le droit de tuer, même en suivant les ordres d’un État. Il n’y a pas de peine de mort « humaine ». Quelle que soit la méthode employée, l’exécution ne poursuit qu’un seul but : supprimer une vie.

Bref, tuer c’est tuer, alors ne rendons pas le monde plus malheureux qu’il ne l’est déjà!

Kariane Forgues et Bryanna Booth,  secondaire 5
 
 
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Source : Coalition mondiale

L’Action mondiale des Parlementaires (PGA) salue l’abolition de la peine de mort votée par le Parlement du Suriname le 3 mars 2015 dans le cadre des débats relatifs à l’adoption du nouveau Code pénal. 

Bien qu’il n’y ait pas eu d’exécutions au Suriname depuis 1927, la peine de mort était toujours prévue par le droit national. Au cours des dernières années, PGA a travaillé pour générer une volonté politique en faveur de l'abolition, conduisant ainsi à la mise en place d'un soutien bipartisan au sein Parlement qui a mené à l'abolition.

Ainsi, PGA tient à féliciter son Groupe national au Suriname mené par Mme Ruth Wijdenbosch, Vice-Présidente du Parlement et membre du Comité exécutif de PGA, et par M. Hugo Jabini, ancien Président du Groupe PGA au Suriname, pour ses efforts continus qui ont conduit à la décision historique d'abolir la peine de mort du Code pénal du Suriname.

En effet, des progrès significatifs ont été réalisés au Suriname, grâce à l'engagement et au leadership du Dr. Ruth Wijdenbosch, qui avait déjà annoncél’imminence de l'abolition de la peine de mort en juin 2014 lors de l'Assemblée annuelle de la Coalition mondiale à Porto Rico. En décembre 2014, sa mobilisation décisive et celle du Groupe national avaient déjà conduit le gouvernement du Suriname à changer sa position à l'Assemblée générale des Nations Unies et à voter en faveur de la Résolution pour un Moratoire sur l’application de la peine de mort.

En outre, en tant que Président de la commission qui a préparé ce travail, M. Hugo Jabini a également joué un rôle majeur dans ce succès.

Soutien international


Cette évolution importante pour le Suriname est donc l'aboutissement du travail des parlementaires surinamais qui ont bénéficié de visites de confrères parlementaires, comme celle de M. Greg Mulholland, député et membre du Groupe parlementaire britannique multipartite (All-Party Parliamentary Group - APPG) pour l'abolition de la peine de mort du Royaume Uni, présidé par la Baronne Vivien Stern, membre de PGA, au cours d'une visite organisée par la Commission internationale contre la peine de mort. 

Il s’agit de la première abolition à laquelle PGA a contribué depuis le lancement de la Plateforme parlementaire mondiale pour l’Abolition de la peine de mort en 2013, qui vise à soutenir, améliorer et maximiser l'impact des initiatives individuelles de parlementaires du monde entier pour l'abolition de la peine de mort, ainsi que de lancer et de coordonner des campagnes ciblées dans des pays sélectionnés afin de s’assurer de l'avancement concret des processus d'abolition.